Chapelle SAINT THOMAS et ses FRESQUES
Classées Monuments historiques le 10 décembre 1952

   L'église de Saint-Thomas, près du cimetière, a été très remaniée au cours des siècles. Elle comprend actuellement deux édifices différents, accolés l'un à l'autre et séparés par un mur percé à droite de l'autel d'une petite porte de communication. L'un, l'abside en cul-de-four d'une petite église du XIIème siècle, décorée de peinture murale (voir photo en mileu de page) au XVIème, l'autre surélevé de deux marches par rapport à cette abside, une église bâtie en 1905, à l'emplacement d'une plus ancienne qu'on ne connaît que par un plan de 1857 et les visites pastorales des évêques de Senez.

Pour visiter la chapelle, il faut aller chercher la clé à la miellerie Chailan à Château-Garnier.

HISTOIRE DE LA CHAPELLE.
En 1712, Mgr Soanen dit: " Chapelle Saint-Thomas construite par les habitants au milieu de deux hameaux pour leur commodité, sans information ni permission précédente des évêques pour cet édifice, de même que sans aucune dotation pour l'entretien et sans sentence des évêques avec les formalités du droit pour aucun service".
En 1745, Mgr de Vocane constate le mauvais état de l'édifice.
En 1768, Mgr d'Armat constate que le toit de la partie de l'église qui a été augmentée n'a pas été bien fait et qu'il doit être retouché.
En 1853, un rapport du bureau des marguilliers au conseil de fabrique dit : "Chapelle située sur une plaine élevée et grandement exposée aux vents du nord, elle n'est abritée par quoi que ce soit, car à plus de 200 mètres tout autour on ne trouve ni gîte abri, pas même un arbrisseau. Les difficultés de son accès sont excessives pendant la saison d(hiver, car outre qu'on a à faire, de quelque quartier qu'on y vienne, une rude montée de 200 mètres, on a encore à franchir, année commune, un mètre de neige et même plus parce qu'elle est toujours agitée, amoncelée par la tourmente qui ferme de nouveau le lendemain la trace qu'on aurait pratiquée la veille. Ajoutez à cela qu'on ne trouve en arrivant qu'une église mal bâtie, délabrée, entièrement dépourvue du gros mobilier. En hiver, le gel couvre les murs de quelques millimètres de givre, au printemps l'eau suinte sur les murs et en été un air délétère miasmatique rend l'église insalubre. Cette position n'est pas tenable dans l'état des choses car il faut réparer, agrandir, assainir l'église actuelle Saint-Thomas, y construire une sacristie et une pièce qu'on peut chauffer et donner des secours en cas de besoin. Ou il faut abandonner cette église pour devenir chapelle du désert à la charge et à l'entretien des habitants et construire à Château-Garnier même, chef-lieu de la paroisse, une église paroissiale avec des dimensions convenables pour contenir la population."
Saint-Thomas demeurera donc l'église paroissiale jusqu'à la construction de l'église de Château-Garnier en 1859 puis celle de La Bâtie (voir pages Églises).
En 1859, Saint-Thomas devint "chapelle du désert" .
En 1905, sa reconstruction est programmée. Le nouvel édifice est encore accolé à l'abside du XIIème siècle et s'élève à l'emplacement même de l'ancienne église dont il a, à peu près, les mêmes dimensions (13 x 6 m).
Sur une plaque de marbre posée sur un mur de la chapelle on lit: " Cette chapelle a été érigée en 1905 sur les ruines de l'antique église paroissiale de Saint-Thomas par M.Ripert né à La Bâtie et par souscription des habitants, sous la direction de M.Boyer ingénieur et M.Vial maçon. La bénédiction a été célébrée le 22 avril 1908 par M.C.Barbaud curé délégué de Mgr Castellan assisté de M.Jaubert curé doyen de Colmars et plusieurs prêtres.

LES FRESQUES

      Ces fresques datent du XIIème siècle. Elles représentent Jésus-Christ, juge suprême, assis entre le soleil et la lune. Il est le sauveur du monde et porte sur sa main la Terre et la Croix avec laquelle il a sauvé le monde.
Il est annoncé par ses quatre Évangélistes; chacun avec leur emblème, tel qu'il avait été vu dans la vision d'Ezéchiel, dans l'Ancien Testament: saint Mathieu, a , à coté de lui, un ange, car son évangile commence par l'apparition d'un messager céleste; Saint Marc annonce son Sauveur par la voix de Jean-Baptiste qui crie dans le désert comme un lion; Saint Luc attire l'attention sur un taureau, l'offrande de l'Ancien Testament; Saint Jean est l'Évangéliste visionnaire qui prend le vol d'un aigle.
Passé, présent, avenir semblent faire qu'un dans cette petite voûte basse et obscure. Quelle présentation profonde et primitive en même temps ! Remarquez le regard majestueux du Christ et la figure méditative des écrivains.
Peindre une petite voûte était difficile. On suppose que cela a été fait par quelqu'un qui copiait un modèle, un "carton"; derrière lui, en tenant un bout de miroir dans sa main. Cela expliquerait l'envers de la lecture des noms des Évangélistes. On suppose aussi que les fresques ont été partiellement retouchées au XVIIème siècle.
Autre chose merveilleuse: l'acoustique. En parlant doucement, exactement au milieu de la crypte, une sonorité pénétrante, reposante, sort de la bouche et caresse l'oreille à distance.
      Ce petit chef-d'oeuvre de peinture murale nous est sauvé lors de la restauration de l'antique chapelle, qui avait une nef de plus, grâce à M.André Bonnet, président de la reconstruction de l'église, au début du siècle.

Bibliographie:
Livret de l'association des intérieurs des églises de Thorame-Basse.
Annales de Haute Provence Bulletin société scientifique et littéraire des Alpes de Haute-Provence.


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